" 2020 était un tournant car les dividendes cumulés atteignaient 24,6 milliards d'euros, soit deux fois le montant encaissé par l'Etat au moment de la privatisation."
sources : le CanEnch 28 avril 2021
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" 2020 était un tournant car les dividendes cumulés atteignaient 24,6 milliards d'euros, soit deux fois le montant encaissé par l'Etat au moment de la privatisation."
Non seulement la pandémie Covid n’a pas tellement altéré les résultats des sociétés concessionnaires d’autoroutes (SCA), mais il apparaît aussi de plus en plus franchement que le protocole d'accord négocié avec les autoroutiers en 2015 leur est ultra-favorable. Explications.
La publication en ce début d’année des résultats financiers des sociétés concessionnaires d’autoroutes (SCA) des groupes Vinci (ASF, Cofiroute, Escota) et Eiffage (APRR, Area) – Sanef et SAPN (Abertis) ne les ayant pas encore présentés – montre que ces SCA s’en tirent plus que bien. Malgré deux confinements, avec une circulation routière quasi à l’arrêt durant le premier, et plus globalement l’impact du Covid sur l’économie, ce sont respectivement près d’1,35 milliard et 650 millions d’euros de dividendes que leurs actionnaires ont pu se partager l’an dernier, soit près de deux milliards d’euros en tout.
2020 ressemble peut-être pour beaucoup à « une année noire… mais pas pour les autoroutes ! », en conclut Vincent Delahaye, rapporteur de la dernière commission d’enquête au Sénat sur le sujet, et dont le rapport publié en septembre avait confirmé la rentabilité « hors normes » des SCA. Depuis, le sénateur (UDI) « ne lâche pas l’affaire », fait-il savoir lors d’une conférence de presse ce jeudi. Il a de nouveau mandaté Frédéric Fortin, l’expert indépendant qui avait fourni les projections financières à la commission, afin qu’il les réactualise.
Son verdict : si les dividendes finalement distribués sont inférieurs à ce qu’il avait prévu à un moment où l’on pouvait encore espérer que le plus gros de la crise Covid soit derrière nous, les chiffres d’affaires (6,7 Mds€) et les résultats nets (2Mds€), pour ce qui est toujours des SCA des groupes Vinci et Eiffage, sont supérieurs aux attentes. Et dans l’ensemble surtout, les grandes lignes qui s’étaient dégagées dans le rapport de septembre sont confirmées : le seuil de rentabilité prévue à la privatisation* des SCA en 2006 sera atteint bien avant la fin des contrats prévue entre 2033 et 2036.
Au lieu de l’estimer à 2022 pour ASF et 2021 pour APRR, soit avec 14 années d’avance, Frédéric Fortin, réactualisation faite, le prévoit plutôt pour 2023 dans les deux cas, ce qui ne change donc pas grand-chose à l’affaire. Ce sera « 13 ans avant la fin de la concession d’ASF », d'un côté, et « 12 ans avant la fin de la concession d’APRR », de l'autre… Preuve s’il en fallait qu’il existe dans ces contrats de concession un vrai déséquilibre financier, au détriment de l’État ! Et la dernière grande négociation à s’être tenue dans le domaine n’a rien arrangé ; elle l’a carrément aggravé.
Le beau cadeau de 2015 pour les autoroutiers
Une nouvelle étude scientifique révèle que travailler à des horaires atypiques augmenterait le risque de développer des maladies cardiovasculaires.
Batman pourrait avoir des problèmes de cœur. Littéralement. Si la comparaison peut prêter à sourire, une étude bien sérieuse, présentée à l’ESC Prévention Cardiologie 2021 (congrès scientifique sur la santé cardiovasculaire) démontre que les travailleurs aux horaires atypiques auraient plus de risques de développer des maladies cardiovasculaires. Ce qu’on entend par horaires atypiques concerne toutes ces personnes qui sont décalées avec ces horaires dits « normaux » de travail. Selon des chiffres de 2017, ce serait 20 % d’individus en Europe qui travaillent de nuit ou très tôt le matin.
La recherche a étudié des résultats chez 301 ouvriers employés dans des entrepôts de distribution au Portugal. Leurs horaires sont tôt le matin, de 6 heures du matin à 15 heures ; tard le soir, de 15 heures à minuit ; ou la nuit, de 21 heures à 6 heures. En plus de renseigner diverses informations (âge, sexe, emploi…), ils se sont fait mesurer leur tension artérielle et leur taux de cholestérol.
Depuis des années l’Unsa revendique lors des négociations salariales la généralisation de la retraite sur-surcomplémentaire réservée aux seuls cadres, communément appelée « article 83 » dans ce cercle très fermé. On peut avouer sans rougir que peu nous soutiennent dans cette démarche, le niveau de rémunération de la retraite ne leur semble pas être une priorité, et pourtant !
Ce système d’épargne, certes
obligatoire, permet de se constituer un complément retraite supplémentaire aux
dispositifs existants, en plaçant 2% du salaire auxquels Sanef abonde à hauteur
de 3% du même revenu.
Pour rappel, Sanef a taillé
dans l’abondement lors du placement des primes sur le Plan d’Epargne Groupe mis
en application après une nouvelle dénonciation d’accord (profitons-en ici pour
saluer le record de dénonciations détenu par notre Direction) car il faut en
effet un montant supérieur de prime pour espérer avoir la même somme
d’abondement. Se permettre donc d’avoir un taux de majoration d’épargne de 150%
à faire pâlir plus d’un Madoff et, de surcroît, offert royalement par la
Direction n’est certainement pas négligeable.
Comparativement aux 180 euros
maximum d’abondement sur les Plan d’Epargne Retraite Collectif pour le commun
des salariés, on se rend vite compte du peu d’intérêt que porte notre classe dirigeante
envers les catégories Maitrise et Exécution.
Bien sûr, pour contrer nos
demandes d’extension de cette mesure à l’ensemble des salariés, nos financiers
en chefs nous ont sorti, outre la sempiternelle question du coût, le couplet
sur la pension de retraite qui serait moindre en taux de réversion pour les
cadres que pour les autres catégories socio-professionnelles.
Sans contester ce taux de
réversion, l’Unsa rappellera tout de même à nos banquiers dirigeants que des
avantages acquis tout au long de la vie professionnelle peuvent largement le
compenser : salaires plus élevés, avantages en nature, véhicules de
fonction (avec son lot d’économies d’achat, de carburant, d’entretien, de
réparation, d’assurance, de renouvellement, ….), accession plus rapide à la
propriété du fait des revenus, investissements immobiliers et locatifs plus
aisés, etc …
Surtout, l’Unsa rappellera aussi
que la catégorie Cadre est celle qui à l’espérance de vie la plus élevée ainsi
qu’une espérance de vie en bonne santé en retraite plus haute par rapport aux
ouvriers. Ce n’est pas une invention de l’Unsa, mais bien des chiffres vérifiés
par l’Insee.
A l’inégalité d’espérance de vie entre les
catégories sociales, Sanef abonde jovialement en imposant une discrimination de
traitement.
A
l’heure où les menaces pèsent de plus en plus sérieusement sur nos retraites et
celles de la jeune génération qui arrive sur le marché du travail, refuser ne
serait-ce qu’étudier une généralisation de la sur-surcomplémentaire ou un
système équivalent pour l’ensemble des salariés démontre une fois de plus le
peu de considération qu’on peut espérer attendre du Groupe Sanef.
Le
summum interviendra lorsqu’une organisation proposera d’étendre ce dispositif
aux seuls salariés maitrises d’encadrement au détriment des autres. Ce n’est
plus de la discrimination, mais presque de la ségrégation envers ceux qui sont
considérés comme de la « sous classe » sociale.
La Direction s’engagera par cet accord à étudier une extension vers le personnel maitrise dans un futur pas si proche que ça. Ses engagements valent ce qu’ils valent, ayant déjà proposé lors des négociations salariales d’étudier une épargne retraite généralisée…. A ne pas regretter de n’y avoir pas cru un instant.
Diviser pour mieux régner, c’est une science.
A ce stade, ça en devient de l’art !
L’espérance de vie
en bonne santé :
Chez les hommes, l’écart d’espérance de vie à 35 ans sans incapacité entre cadres supérieurs et ouvriers est encore plus grand que l’écart d’espérance de vie global. Ainsi, l’espérance de vie à 35 ans des cadres sans problèmes sensoriels et physiques est de 34 ans, contre 24 ans chez les ouvriers, soit un écart de 10 ans. Non seulement les cadres vivent plus longtemps, mais aussi en meilleure santé. Ils bénéficient donc de retraites beaucoup plus élevées, mais aussi plus longues.
Sources : observatoires des inégalités
L'italien qui rachète l'espagnol, un autre espagnol qui veut racheter l'italien....
Le géant espagnol de la construction ACS a confirmé vendredi avoir fait une offre de "9 à 10 milliards" d'euros pour acquérir une part majoritaire dans Autostrade per l'Italia (Aspi), aux côtés d'autres investisseurs dont la Caisse des dépôts italienne.
ACS "confirme avoir remis une lettre au conseil d'administration d'Atlantia dans laquelle il manifeste son intérêt à participer, aux côtés d'autres possibles investisseurs dont la Caisse des dépôts italienne (Cdp), à l'acquisition de la participation (d'Atlantia) dans ASPI", dans un communiqué à l'autorité espagnole des marchés financiers.
Le groupe autoroutier et aéroportuaire Atlantia, propriété de la famille Benetton, détient 88% des autoroutes italiennes.
L'offre d'ACS valorise l'entreprise "entre 9 et 10 milliards d'euros", précise le groupe espagnol, dirigé par Florentino Perez, également patron du club de football du Real Madrid et grand concurrent du français Vinci.
Des milliers de petits porteurs qui ont quasiment tout perdu depuis l'introduction en 2006.
35 millions d'euros de sanctions infligés par l'Autorité des Marchés Financiers en 2017 pour "manquement grave aux obligations professionnelles dans la gestion de fonds entre 2012 et 2015 (lien)".
Plainte en 2020 pour blanchiment et recel aggravés de corruption (lien).
7,5 millions d'euros requis par le parquet dans l'affaire des subprimes, la décision sera rendue le 24 juin 2021.
Dans ce milieu pas très glorieux de la finance, Sanef a-t-elle choisi le plus blanc pour la gestion de nos épargnes ? Pas d'inquiétude, Natixis a, depuis, révisé l'intégration des critères sociaux et environnementaux... la bonne blague. Requin financier, oui, mais avec une certaine morale d'affichage.
Pour rappel, l'Unsa n'est pas signataire du PV de transfert de l'épargne salariale du groupe Sanef vers Natixis pour ces raisons :