Yannick Moné, Unsa Autoroutes Sanef

Tél : 06 07 80 17 17 / E-Mail : unsa-sanef@orange.fr

mercredi 19 janvier 2022

Non, l’État ne les récupérera pas gratuitement en fin de contrats !

Autoroutes : re-nationalisation piège à cons ?

 

Septembre 2021, rappelez-vous : deux candidats à la présidentielle, Marine Le Pen et Arnaud Montebourg formulent le souhait de « nationaliser » les sociétés concessionnaires d’autoroutes (SCA).

Ce à quoi le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, répond très vite qu’en procédant ainsi, « c’est 40 milliards d’euros qui vont devoir être déboursés, pour financer une telle nationalisation, alors que si on attend dix ou quinze ans [la fin des premiers contrats de concession passés avec les SCA], on peut récupérer ces autoroutes pour zéro euro ».

Même son de cloche du côté de Jean-Baptiste Djebbari, le ministre délégué chargé des Transports : « Les sociétés d’autoroutes ont été privatisées en 2005 [ils parlent des SCA dites historiques, appartenant à Vinci, Eiffage et Abertis]. Entre 2031 et 2036, les privatisations arrivent à échéance. En 2031, les plus grosses concessions reviendront donc à l’État. Gratuitement. Pour 0 euro. Si on les renationalise aujourd’hui, on devrait payer pour indemniser les sociétés concessionnaires d’autoroutes. Et payer cher : entre 45 et 50 milliards d’euros », revendique-t-il sur son fil Twitter.

On pourra noter qu’entre ces deux déclarations de Le Maire et Djebbari, livrées à moins de 10 jours d’intervalle, on est passé de 40 à… 55 milliards d’euros, la nationalisation des SCA. Une paille ! On y reviendra plus loin…

1 – À la fin des contrats, l’État n’aura-t-il vraiment rien à débourser ?

Faux !

Comme nous l’explique le professeur de droit public Jean-Baptiste Vila, la règle générale dans un contrat de concession, c’est que « tout nouvel investissement, non prévu au contrat initial, doit être compensé. Cette compensation, cela peut être par exemple une hausse additionnelle aux péages et/ou un nouveau rallongement de la durée des contrats ». Et en cas de rallongement, il reste à préciser que depuis 2015 le Parlement doit le voter.

Si, malgré tout, ces nouveaux investissements n’ont pas le temps d’être amortis d’ici la fin du contrat, « ils peuvent également donner lieu au versement, à l’échéance de celui-ci, d’une indemnité compensatoire aux SCA par l’État », précise l’universitaire bordelais.

Or, c’est bel est bien ce qui est d’ores et déjà prévu ! C’est écrit noir sur blanc dans le dernier avenant au contrat signé avec la Société des autoroutes Paris-Normandie (SAPN), l’une des filiales d’Abertis, appelée à supprimer, d’ici 2024, les péages physiques sur les autoroutes A13, entre Orgeval et Caen (201 km), et A14, entre La Défense et Orgeval (23 km).

lire la suite de l'article : ici 

sources : francenewslive

 

 

jeudi 18 novembre 2021

Atlantia : bénéfice de 474 millions d'euros sur neuf mois, grâce aux autoroutes

Le groupe autoroutier et aéroportuaire italien Atlantia, contrôlé par la famille Benetton, a annoncé jeudi avoir enregistré un bénéfice net de 474 millions d'euros sur les neuf premiers mois de l'année, grâce à la nette reprise «généralisée» du trafic autoroutier.

Sur la même période de 2020, Atlantia avait essuyé une perte de 716 millions d'euros, due à la chute du trafic autoroutier et aérien en raison des mesures de confinement prises pour endiguer la pandémie de coronavirus. Dans ce contexte de reprise du trafic sur les autoroutes, le groupe a relevé ses prévisions pour l'ensemble de l'année 2021, tablant désormais sur des recettes de 6 milliards d'euros. En août, il avait prévu 5,7 milliards d'euros.

Ces comptes excluent la contribution Autostrade per l'Italia (Aspi), premier réseau d'autoroutes payant de la péninsule qui a été cédé à la Caisse des dépôts italienne (CDP), selon un accord conclu en juin. Depuis l'effondrement meurtrier du viaduc de Gênes en août 2018, dont Autostrade était le gestionnaire, la famille Benetton était sous forte pression pour vendre sa part de 88% dans Aspi à l'Etat italien.

Le trafic sur les autoroutes a augmenté de 21%

Le chiffre d'affaires du groupe a grimpé de 17% à 4,57 milliards d'euros sur neuf mois, dont 3,7 milliards d'euros de péages autoroutiers, en hausse de 23%. Le trafic sur les autoroutes gérées par le groupe s'est accru de 21% sur neuf mois, dans tous les pays concernés, en excluant l'Italie.

A l'inverse, le trafic passagers des aéroports sous gestion a baissé de 5% comparé à la même période de 2020 et de 73% par rapport à 2019, avant la pandémie. Le trafic passagers des Aéroports de la Côte d'Azur a connu cependant une nette embellie, avec une hausse de 13,3% sur neuf mois, même s'il est loin d'avoir renoué avec les niveaux d'avant la pandémie.

Quant aux Aéroports de Rome, le trafic passagers a baissé de 12,4% sur la même période. Atlantia, qui emploie plus de 30.000 personnes dans 24 pays, gère cinq aéroports et plus de 50 concessions autoroutières dans une dizaine de pays. Si le groupe a choisi d'exclure d'ores et déjà Autostrade per l'Italia de ses comptes, le retour du réseau dans le giron de l'Etat ne devrait être effectif que d'ici mars prochain.

 

 

L'italien Atlantia revoit ses prévisions à la hausse, le trafic autoroutier faisant grimper ses bénéfices.

Le groupe italien d'infrastructures Atlantia a relevé jeudi ses prévisions pour 2021 après avoir annoncé une augmentation de 27% de son bénéfice principal pour les neuf premiers mois, en excluant son activité autoroutière nationale qu'il a accepté de vendre.

Le groupe contrôlé par la famille Benetton a déclaré qu'il s'attendait à ce que le chiffre d'affaires pour 2021 atteigne 6 milliards d'euros (6,9 milliards de dollars), améliorant ainsi une prévision précédente de 5,7 milliards d'euros grâce à un rebond du trafic autoroutier après la crise.

Atlantia a déclaré que le bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (EBITDA) était de 2,9 milliards d'euros sur les neuf premiers mois, net de la contribution d'Autostrade per l'Italia, son réseau autoroutier national que le groupe vend après l'effondrement meurtrier d'un pont en 2018.