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dimanche 11 décembre 2016

Autoroutes : le marché de dupes dévoilé sur le « gel » des péages



Un rapport indique que le prétendu « gel » des tarifs des autoroutes décidé par l’Etat en 2015 rapportera en fait 500 millions d’euros de plus aux grandes sociétés privées qui les exploitent.
Et un scandale de plus dans le dossier déjà épais de la privatisation des autoroutes.  Selon un rapport rédigé par l’Autorité de la régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer), le « gel »  des tarifs des péages autoroutiers, décidé en 2015 entre l’Etat et les concessionnaires autoroutiers en plein scandale de la rente constituée sur le dos des usagers, devrait au final gonfler les poches des seconds. Car les hausses des tarifs qui suivront le « dégel » des tarifs, entre 2019 et 2023, permettra aux grandes sociétés de se « refaire » rapidement et abondamment. Au total, calcule l’Arafer, les augmentations devraient en effet rapporter plus d’argent que ce que leur coûte le gel des tarifs, avec une plus-value estimée à un demi-milliard d’euros.
 
Pour parvenir à cette estimation, le rapport se fonde sur des hypothèses jugées crédibles de trafic autoroutier et d’évolution des prix, faute d’obtenir de l’Etat celles qui ont servi de bases à la négociation avec les concessionnaires, le gouvernement ayant toujours refusé de dévoiler le détail des contrats passés avec les sociétés qui exploitent les autoroutes, et notamment les conditions de la prolongation des concessions, en dépit d’une décision de justice l’obligeant à le faire. Le secret des affaires a beau avoir tenu bon, l’Arafer a flairé ce qui se trame : avec des hausses comprises entre 0,23 % et 0,82 % selon les réseaux, les « recettes cumulées (seraient) de l’ordre de 500 millions d’euros » sur « la durée restant à courir des concessions ».
De quoi relancer le débat que le gouvernement avait brutalement refermé, en mars 2015, en retenant l’avis d’un « groupe de travail » ad hoc mis en place par Manuel Valls avec la complicité d’Emmanuel Macron. Celui-ci, composé de quinze membres, avait opportunément cautionné la négociation déjà en phase de conclusion avec l’Etat pour un allongement des concessions autoroutières, et tenté de discréditer la proposition d’une renationalisation par l’Etat portée notamment par les députés et sénateurs communistes, ou toute autre solution alternative défendue par la mission d’information parlementaire sur les autoroutes. Au point de pousser le rapporteur de cette dernière, le député PS Jean-Paul Chanteguet, à claquer la porte du « groupe de travail » de Valls et Macron en dénonçant une « parodie de consultation ». « La rente autoroutière existe bien et elle n’est pas justifiée », déclarait alors la sénatrice communiste Evelyne Didier, plaidant pour « le retour à une maîtrise totale de l’État par la nationalisation » des autoroutes. Une option qui confirme sa pertinence, à l’heure du marché de dupes révélé par le rapport de l’Arafer.

Sources : humanite.fr

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